samedi 25 février 2017

Selamat Datang ke Kuala Lumpur








C'est pas LA mégalopole qui m'a emballée le plus à vrai dire... y'a pas mal de pollution, les sourires ne sont pas spontanés et nombreux non plus, elle fait brouillon mais en même temps elle nous rappelle bien l'Asie: ça grouille c'est coloré tu prends de l'exotique plein le nez et la vue, et cette ville dégage, malgré son effort de modernisme et cette authenticité plutôt évasive, un je ne sais quoi d'inachevée. 








Bien que KL soit beaucoup moins excitante que dans le film Haute Voltige, les 2 tours Petronas, grandioses et attirantes qui furent à une époque les plus hautes du monde, demeurent toujours une valeur sure de cette capitale. Les admirer la nuit rajoute quelque chose de mystique à cette visite. Leur City Center est une espèce de rencard de monstres urbains en acier et verres plus colossaux les uns que les autres. Visuellement ça en jette!














Kuala Lumpur n'en demeure pas moins une ville contrastée... Et j'aime le contraste...
J'ai appris que c'était un pays qui accorde une grande importance à l'origine de ses habitants. Même si les Malaisiens d'origine chinoise et indienne sont sur le territoire depuis de nombreuses générations (ce sont les Britanniques qui les ont fait venir lorsque la Malaisie était une colonie anglaise), on ne leur porte pas la même considération qu'aux Malais, le peuple d'origine. D'ailleurs, sur la pièce d'identité de chaque Malaisien, l'origine ethnique est indiquée : malaise, chinoise, tamoule et "autre"... A côté de ce fait, les gens de toute nationalité discutent sans problème ensemble (un beau meltingpot)... et j'avoue que c'était assez sympa à voir.  

















Bon appétit!

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mardi 21 février 2017

Le rose tantôt couleur taboue tantôt couleur convoitée...



Je surfais à la recherche de ce qui se disait sur la couleur rose, et je suis tombée sur cet extrait de texte écrit par Dominique Simonnet qui m'a beaucoup plu; "Le rose, il n'a pas eu d'existence bien définie pendant longtemps. On disait autrefois «incarnat», c'est-à-dire couleur de chair, de carnation. Porté par le romantisme, le rose a acquis sa symbolique au XVIIIe siècle: celle de la tendresse, de la féminité (c'est un rouge atténué, dépouillé de son caractère guerrier), de la douceur (on dit encore «voir la vie en rose»). Avec son versant négatif: la mièvrerie (l'expression «à l'eau de rose» date du XIXe siècle). Un moment, on l'a plaqué sur l'homosexualité avec une intention péjorative. Les homosexuels ont maintenant choisi le drapeau arc-en-ciel, qui symbolise la diversité, celle des couleurs et celle des êtres, et la tolérance."

Le fait que cette couleur soit presque taboue dans la mode depuis les années 1970 et le Women's Lib (le mouvement de libération des femmes, aux États-Unis) rend ce retour flamboyant encore plus surprenant. Car aujourd'hui, la teinte préférée de Barbie prend même une tonalité politique. Le 21 janvier 2017, après l'investiture de Donald Trump, Washington s'est réveillée sous une marée de "pussy hats". En un clin d’œil, ce bonnet rose à oreilles de chat - référence au sexe féminin que le futur président se vantait d'attraper - est devenu le symbole des manifestations anti-Trump. Coup de baguette magique, la teinte abhorrée par des générations de féministes s'est muée en porte-drapeau du mouvement. Comme souvent, le cliché est récupéré pour affirmer la fierté des filles d'aujourd'hui d'être des "pussys". Car le statut du rose a longtemps été ambigu.

Historien des couleurs, Michel Pastoureau raconte que cette teinte n'a été reconnue comme telle qu'à la fin du Moyen Age. "Les Grecs et les Romains, comme, du reste, les peuples du Proche-Orient antique, ont sans doute eu l'occasion de voir quelques tons de rose dans la nature mais, pour eux, ce n'est pas une couleur véritable [...]. A leurs yeux, il n'existait pas." Il a fallu attendre le règne de Louis XV, quand Madame de Pompadour lance la mode de ce pastel dans l'ameublement et la décoration, pour le voir s'imposer. 

J'ai aussi lu une histoire emplie de gaminerie... : Le rose le plus PINK du monde, si si !

Au début de l’année, le sculpteur Anish Kapoor a acquis les droits d’utilisation exclusifs de la couleur Vantablack, le noir le plus absolu. Dégoûté, l’artiste britannique Stuart Semple a mis au point le rose le plus pink du monde, et dont chacun peut se servir, enfin presque…

Au printemps 2016, la société britannique NanoSystem a mis au point une couleur censée être le noir le plus absolu qui soit. Alors que celle-ci était destinée à l’origine à un usage militaire et à la recherche scientifique, le sculpteur britannique Anish Kapoor a obtenu d’être le seul artiste de la planète à avoir le droit d’utiliser cette couleur après avoir contacté l’entreprise. Tous les autres artistes ont fait chou blanc.
L’ironie, c’est qu’en raison de son épaisseur, il s’est avéré difficile de la produire en quantité suffisante, et donc de l’utiliser en peinture. Pourtant, l’artiste britannique Stuart Semple ne pouvait pas se résoudre à tolérer l’injustice que constitue ce monopole artistique du Vantablack. Il a donc créé dans la foulée sa propre couleur, qu’il a baptisée PINK : le pigment sans doute le plus rose de la planète. Et à la différence du Vantablack, il est à la libre disposition de tous… A l’exception d’Anish Kapoor.
« Lorsque j’ai appris qu’Anish avait les droits exclusifs sur le plus noir des noirs, j’ai été très déçu », raconte S. Semple à The Creators Project. « Je voulais à tout prix l’expérimenter dans mes propres œuvres, et je sais qu’il en allait de même pour bon nombre d’autres artistes. Cela a un côté très mesquin de sa part, et ça va à l’encontre de la générosité qui est généralement de mise dans le monde de l’art. J’ai donc pensé qu’une bonne façon d’y répondre était de créer une peinture disponible à tous sauf à Anish. Comme cela, il peut savoir ce que nous ressentons. »
Ainsi, tous ceux qui souhaitent acheter la couleur en poudre doivent auparavant montrer patte blanche : « Vous déclarez ne pas être Anish Kapoor, n’avoir absolument aucun lien avec Anish Kapoor, ne pas acquérir cette couleur pour le compte d’Anish Kapoor ou d’un de ses collaborateurs. En votre âme et conscience, cette couleur ne tombera jamais entre les mains d’Anish Kapoor. »
Le PINK de Semple se caractérise par une fluorescence particulièrement saisissante, et il reflète presque complètement la lumière, donnant l’impression de briller de lui-même. En ce sens, il constitue la parfaite couleur opposée au Vantablack d’Anish Kapoor, qui absorbe la quasi-totalité du rayonnement. D’après les rumeurs, ce dernier fait le maximum pour pouvoir travailler avec cette couleur, mais Stuart Semple restera inflexible aussi longtemps qu’il ne partagera pas son noir. Après tout, « c’est lui qui a commencé ! »

Moi je vois le rose comme une couleur pétillante flashy parfois mais aussi apaisante ... mmmhh... et vous, vous en pensez quoi de cette couleur?

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mercredi 15 février 2017

Le prestigieux prix du World Press Photo 2017 est attribué à ...


... Burhan Ozbilici, photographe turc, pour son œuvre "Un assassinat en Turquie".


Je ne sais pas vous, mais à chaque fois que je regarde les photos primées du WPP j'ai envie de pleurer.

Le photographe est quand même couillu d'avoir pris cette photo (sur le vif).

La lecture de cette photo est très simple je trouve. Et en termes de composition et d’esthétisme elle l’est tout autant. Ce qui détonne avec l’urgence de la prise de vue de la scène en question. 

Le tueur en station verticale brandit le bras gauche en signe de victoire, le bras droit quant à lui est à l’opposé le long du corps tenant l’arme du crime. Au sol, étalé et mort l’ambassadeur git. Pas de sang, pas d’effervescence dans cette image, mais comme un flottement ; on est témoin de ce moment  suspendu, pile poil entre le meurtre de l’ambassadeur et l’exécution du meurtrier lui-même.

On lit très bien la scène car elle se situe dans un lieu d’exposition clair, l’atmosphère est presque glacée du coup, seuls 3 tableaux sont là et marquent l’arrière-plan. 
Elle me fait ferait presque penser à une mise en scène surréaliste, si on occultait le contexte…

Je pense que c’est cette simplicité esthétique/ scénique qui est troublante. Les images des victimes ont toujours tendance à se ressembler. On pourrait presque comparer ce terroriste en pleine action à un dramaturge donnant sa dernière réplique … Elle est ambiguë car elle raconte un acte ignoble sur fond de post-modernisme ; et c’est complètement perturbant. 

Cette photo n’est pas terrifiante en soi, c’est sa représentation qui est effroyable.
On voit une violence à portée de main, efficace somme toute, terrifiante, rapide. 

Il est vrai que si on attend de cette photo qu’elle rende service à l’humanité, qu’elle provoque l’empathie, qu’elle produise le changement, il n'y a rien de cela.

En attendant elle a fait le job, c’est une photo de presse hyper lisible, facilement compréhensible.

Elle mérite son prix je pense. Et vous, vous en pensez quoi?








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