mercredi 22 mars 2017

Doha.


C'est étonnant ce qui me pousse à traiter des photos d'une escale (de quelques heures!) qui s'est déroulée il y a 4 ans, et qui quand on y réfléchit bien ne m'a pas laissée un souvenir impérissable, mais un souvenir quand même... Que dire de Doha?? J'ai vraiment un sentiment très partagé, et au fond mitigé à propos de cette capitale; je dirais que tout dépend de nos attentes au départ, de ce qu'on y cherche et finalement de ce qu'on désire y trouver...




Un peu d' hist-géo: Doha la capitale du Qatar, petit sultanat du Golfe Persique, s'est faite plus discrète que ses voisines des Émirats arabes unis, Dubaï ou Abu Dhabi... mais comme elles, le Qatar s'est développé à grande vitesse grâce au pétrole et aux puits gaziers. En moins de 10 ans, Doha a évolué en passant de petite ville du désert à celui de cité hyper-moderne où les buildings clinquants et les hôtels 5 étoiles poussent comme des champignons.






C'est fou ça mais entre les gratte-ciel, il n'y avait pas de rues ou de routes à l'époque, il semblait n'y avoir personne non plus sur les trottoirs gigantesques, un no man's land. C'est très bizarre cette sensation, on avait l'impression de se balader dans un décor titanesque, avec quelques voitures qui passaient de temps à autre pour nous rappeler qu'on était bien dans une vraie ville. 










Doha peut se narguer de sa corniche, une sorte de promenade des anglais longue de 7 kilomètres d'où l'on voit flotter les power-boats et aussi les dhows, bateaux traditionnels faits en bois, devant les gratte-ciel du centre ville.
Nous nous y sommes arrêtés lors du "National Sport Day", de ce fait, cet évènement a fait sortir les gens; des activités, des démonstrations, des spectacles étaient proposés. 





La corniche est le seul endroit où il y a un peu de verdure, c'est assez agréable d'y faire une pause et de regarder passer les gens.






"Le Qatar est riche d’une culture métissée, c’est un véritable carrefour du monde où de nombreuses nationalités se côtoient depuis des siècles." "Ouais, pour un peu on oublierait quand même que seulement 25% des habitants sont des natifs et qu'une grande partie de la population est composée de migrants payés au lance pierre pour servir les notables." On ne s'étalera pas sur le sujet ici, hein...

Se perdre dans les ruelles du souk reste une expérience assez géniale: on peut aussi bien faire du shopping traditionnel que du shopping moderne; les malls eux sont vraiment géants et à coup sûr on peut entre autre y dégoter les derniers cris luxe. Se balader dans les allées et les stalles sinueuses de la « Gold Souq » et du « Souk Waqif » est tout à fait enrichissant, on peut trouver toutes sortes de produits : des épices et des bijoux anciens aux textiles colorés et même des poussins multicolores... vus de mes propres yeux vus !!!! Malgré ma grande admiration pour la démesure -ma curiosité pour cette quête du high tech toujours plus pointue et mon enthousiasme pour le modernisme, c'est à ce moment là, quand je vois des poussins au duvet bleu turquoise en vente dans un marché que finalement je me dis que je suis un tantinet conservateur voire légèrement rétro on peut le dire (question de tranquillité d'esprit) ... Non mais si si je l'avoue, ça me fait un peu flipper de me retrouver au milieu du désert avec ces poussins bariolés...






Les femmes sont majoritairement voilées et pour la plupart en niqab. Quand on regarde de plus près, elles superposent des voiles dentelés, pailletés, plus ou moins transparents. Même si elles sont complètement voilées, notre regard est malgré tout attiré par ces femmes qui demeurent des mystères pour nous. Personnellement j'ai été captivé par leurs yeux qui deviennent profondément révélateurs par la force de leur tenues.
Les rencontres entre les gens me fascinent et de les voir vivre, communiquer, interagir... quelque part ça m'apaise (allez savoir pourquoi...) et ça me conforte dans l'idée que j'aime la découverte des autres cultures pour justement être le témoin de leur mode de vie. Je ne suis pas intrusive mais curieuse. 







J'ai été contente de faire un stop à Doha pour découvrir à quoi pouvait bien ressembler l'émergence d'une future grande capitale; entre les malls et les marchés plus traditionnels, il y a de quoi faire, pour le reste il faut y aller pour se faire sa propre idée, comme dans tous les voyages.
Doha est une terre de contraste entre la modernité des constructions architecturales et des traditions profondément ancrées dans les populations. Nous y avons passé que quelques heures mais l'avons bien observé, ce contraste.

C'est en faisant certaines expériences que je me rends compte que le monde dans lequel nous vivons est riche et tellement hétéroclite, c'est fabuleux toute cette diversité!

Doha fut une expérience inédite pour moi, à vous de vous faire la vôtre!

@+


vendredi 17 mars 2017

"L'important ce n'est pas le lieu ou on se trouve, c'est l'état d'esprit dans lequel nous sommes." Anna Gavalda


Plénitude-

Érosion, fatigue, terminus-

Espoir-


Il y a des photos qui évoquent en vous certains souvenirs d'une époque où les gens qui comptaient pour nous existaient encore... Ils étaient importants car ils nous ont fait découvrir, grandir, avancer. Ils n'étaient pas des grands orateurs, ils partageaient à leur manière (- à l'ancienne), ils livraient avec économie des bribes de vie, c'était tellement rare et laconique qu'elles n'en étaient que plus délectables. C'étaient des personnes fortes, des genres de piliers, des personnes qui ont pris la vie comme elle était, qui ont osé les choses et suivi leur destin, ils ont avancé quelques soient les marées... On a souvent des coup de sang avec eux mais finalement c'est ce qui rend les rapports passionnés -intéressants et leur présence finit par nous manquer inlassablement. Ils me manquent... 
À eux.


@+

mercredi 15 mars 2017

État des lieux // 2



Je me suis toujours demandée ce qui poussait certaines personnes à appuyer sur le bouton déclencheur au moment où ils le font... et moi, pourquoi j'ai appuyé tout juste à ce moment là? 
Et bien quand tu réfléchis, de nombreuses réponses se bousculent au portillon! la scène, la lumière, l'objet, le lieu, le souvenir, l'arrangement des éléments à cet instant, la beauté, l'incongruité, la couleur, la finesse, les sentiments, la dérision, ... finalement je n'ai pas d'idée préconçue quand je prends une photo - l'instantanéité - et je crois que c'est ce qui me plait et surtout ce qui me définit; toujours captée par les surprises c'est ce qui continue de provoquer ce désir d'appuyer... d'où cette grande hétérogénéité dans ma palette d'images. C'est cette innocence sur les choses/ les gens, cet accès privilégié à cette liberté d'expression - qui permet cette création sans cesse renouvelée et diversifiée. 
Malgré tout, je pense ne pas être objective à 100%, je veux toujours y voir l'amour même s'il n'est pas clairement exprimé figurativement parlant, et aussi toujours un soupçon d'optimisme...
"Les bonne vibrations font naitre les projets autant que l'aventure. Et quand l'étreinte de cette époque bousculée nous serre la gorge, regardons vers le bien, le beau, le bon. Message empreint de naïveté? plutôt de bienveillance efficace.", vous comprenez ce que je veux dire maintenant?!

Je crois que je suis de ces photographes qui errent d'un sujet à l'autre, avec leur vie intérieure comme seul fil conducteur. 





Et vous, comment allez-vous?

@+

vendredi 10 mars 2017

État des lieux.






Par nature je me remets toujours en question sur mes choix et mes envies photo, je pense que c’est comme ça qu'on progresse; "Ne pas se reposer sur ses lauriers"! (j'ai toujours ce précepte calé dans un coin de ma tête) Il y a 3 ans j'habitais dans le sud-est de la France et depuis j'ai déménagé en face, à gauche... à mon grand désespoir (bon pt' être pas jusque là quand même hein...) car j'adore la Provence, c'est un endroit cher à mon cœur dont l'art de vivre est tout à fait bienfaiteur. Et donc avant je sortais assez régulièrement avec mon acolyte Alain D. pour aller traquer/ shooter la bonne photo de rue. La veille de nos escapades on préparait nos sacs un peu comme un grand chef mitonne sa spécialité. Et le lendemain, on marchait, on errait même! pour débusquer la photo qui trônerait sur la page UNE de nos blogs respectifs. On était vraiment à l’affut, fallait pas louper le cliché pour lequel on était sorti; et parfois, c'est quand l'appareil était au chaud que les meilleures images filaient! C'est toujours comme ça. 
Alain est beaucoup plus aventureux et gonflé que moi, certaines de ses photos sont osées! mais on adore car ses images restent simples et finalement on est beaucoup à aimer le culot dont il fait preuve! je crois bien que c'est une des caractéristiques qui permet de distinguer particulièrement les photos banales des autres...



Qu'est-ce-que c'est que la bonne photo de rue justement? Une photo qui provoque une émotion, une image qui incite à la réflexion/ qui intrigue ...?!
Bien que la réponse sera différente à coup sûr de la part des différentes personnes interrogées, perso j'aime ce qui est insolite- les scènes incongrues- les attitudes rigolotes- les personnages exceptionnels- les lieux originaux... et je pense que même si je suis là au bon moment je n'ose encore pas braver certaines limites... Après je regrette parfois, et je me demande si justement cette frontière aurait valu la peine ou pas... et je me dis OUI! ça vous arrive ça à vous? 
Robert Capa a dit ceci:« Si ta photo n'est pas assez bonne, c'est que tu n'étais pas assez près »... je suis absolument d'accord pour l'avoir à chaque fois expérimenté, mais pour se rapprocher il faut: et d'une, oser et de deux, oser braver les limites... je crois que j'ai encore du boulot!



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mardi 7 mars 2017

Les géniales bulles de Melvin Sokolsky


Découvrons aujourd'hui un photographe dont les compositions surréalistes ont révolutionné la photographie de mode dans les années 1960.

Né en 1933 à New York, Melvin Sokolsky a passé son enfance dans le Lower East Side, un quartier modeste de Manhattan. Le petit Melvin était particulièrement attiré par tout ce qui était visuel.

En 1959 - il a alors 26 ans - Henry Wolf, directeur artistique de Harper’s Bazaar lui propose de rejoindre son équipe de photographes.
Une grande liberté artistique lui est accordée, et Melvin Sokolsky assouvit tous ses phantasmes photographiques, en s’inspirant des surréalistes tels que Magritte, De Chirico, ou du peintre Jérôme Bosch (15ème siècle).
Un détail du tableau "Le Jardin des délices" de ce dernier, représentant un couple nu dans une bulle transparente, lui soufflera l’inspiration pour la série Bubble Bulle.





Dans les années 60, en 1963 plus précisément, Melvin Sokolsky décide donc de faire flotter les mannequins dans l’air, dans d’énormes bulles de savon (plastique), c'est une série photographique nommée "Bubble".




Il y avait une astuce, bien sûr. Plus qu’une astuce, un mécanisme impressionnant de grues et de câbles. La bulle était ensuite suspendue dans les airs...au dessus de la ville (sans trucages).


Tout ceci disparaissait au cadrage et au tirage. On dit que Sokolsky grattait les négatifs pour faire disparaitre les câbles.


Les femmes y sont aériennes, légères, volent dans leurs bulles a dessus de Paris.

 
La bulle permet la proximité avec la ville et la sublimation de la mode. Frontière, transparence, complicité.


 Ce travail est une fulgurance dans la vie de Sokolsky : de 1963 à 1965.








L'obsession de l'apesanteur, chez Melvin Sokolsky, apparaît de nouveau dans une série de photos prises deux ans plus tard. Nous sommes en 1965 et, cette fois-ci, les femmes volent de nouveau mais sans bulles!









Voila pour ce photographe que j'ai découvert avec beaucoup d'amusement. Quand j'ai observé ses photos j'ai eu du mal à mettre une date sur la réalisation, tellement moderne et si vintage. Mais ce noir et blanc qui est si propre aux tirages argentiques ne trompe pas, c'est un vieux photographe et un bon, dont le regard sur les femmes est simple et classe, et les créations originales et élégantes. Les années 60 sont considérées à raison comme l'âge d'or de la photographie de mode, comme celui de son émancipation. Sokolsky et sa fulgurance créative sont parmi les meneurs de cette révolution du genre.

Les photographes de mode aujourd'hui, je les trouve très impersonnels et les photos qu'ils réalisent leurs ressemblent, elles manquent d'humanité, de féminité, la femme est considérée d'avantage comme un objet que le propre de sa représentation (humaine), bref trop d'errance dans la recherche de l'originalité tue la vérité du sujet, le juste équilibre est dur à obtenir.

J'espère que vous aurez apprécier autant que moi les photos de cet artiste qui continue aujourd'hui de faire des photos, mais en numérique! Donc au XXIème siècle, il a recommencé à faire voler la mode mais avec Photoshop!







Tout aussi léger -gracieux -panaché et intemporel...
 
Ici on parle de lui, et j'aime bien.
 
Je finirai par une de ses citations qui me parlent beaucoup: «Prendre une photographie, c'est entamer une conversation silencieuse ; un face-à-face en espace clos dans lequel le modèle et le photographe dévoilent leur être dans une sorte de danse muette, escalade grandissante de confiance et d'affinités. On se regarde l'un l'autre, on se fantasme l'un l'autre, et ces rêveries jamais ne se rencontrent sinon dans la photographie. »

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